Chefchaouen : Bleu sur bleu… et pourtant tellement plus

Tu connais probablement Chefchaouen pour ses murs bleus. Ces ruelles indigo, lavande, céruléennes — comme sorties d’un rêve méditerranéen. Instagram a fait son boulot. Mais derrière les clichés, cette petite ville des montagnes du Rif a une âme qui va bien au-delà de ses couleurs.

Il suffit d’y passer une nuit pour s’en rendre compte. Deux, pour s’attacher. Trois, pour ne plus vouloir partir.


L’arrivée : comme dans un conte

La route pour y parvenir est déjà une aventure. Que tu viennes de Fès ou de Tanger, tu serpentes à travers les montagnes, des virages à n’en plus finir, un paysage qui s’ouvre peu à peu. Et puis soudain, la ville apparaît, perchée sur les hauteurs, posée comme une perle bleue dans un écrin de roche.

On entre à pied dans la médina. Pas de klaxons, pas de foule oppressante. Juste des pavés, des chats, et ce silence… Ce genre de silence qui apaise sans qu’on sache pourquoi.


L’exploration douce de la médina

Il n’y a pas de plan. Et il n’en faut pas. Chefchaouen se visite lentement. Le matin, les ruelles sont presque désertes. Les premiers rayons du soleil glissent sur les murs bleus, les volets sont encore fermés, l’air est frais. C’est le moment idéal pour se balader seul, appareil photo en bandoulière… ou pas.

Chaque porte est différente. Chaque angle semble peint à la main. Mais ce serait une erreur de s’en tenir là. Chefchaouen, ce n’est pas qu’un décor. C’est un rythme, un état d’esprit.

Au hasard, tu tombes sur une herboristerie minuscule. Le vendeur t’explique la lavande locale, la menthe séchée, les vertus du thym du Rif. Il ne force pas la vente. Il t’offre un brin de romarin à sentir. Et tu restes là, dix minutes, à discuter. Parce que tu peux.


La nature à portée de pas

Ce que peu de gens savent, c’est qu’autour de la ville s’étendent des sentiers de randonnée magnifiques. À seulement une demi-heure à pied du centre, tu peux grimper vers la mosquée espagnole, perchée sur une colline. De là-haut, la vue est saisissante : la ville bleue en contrebas, encerclée par des montagnes puissantes.

Et si tu as une journée entière, pousse jusqu’à Akchour, à 45 minutes de route. Tu longes une rivière d’eau cristalline, croises des familles marocaines venues pique-niquer, et arrives aux fameuses cascades. L’eau est froide, mais revigorante. Là, Chefchaouen devient sauvage. Et ça lui va bien.


Le soir venu : entre thé et silences

À la tombée du jour, les rues se vident doucement. Les commerçants plient leurs tapis, les enfants rentrent chez eux. Les chats s’étirent au pied des escaliers. La lumière bleue devient plus profonde, presque violette.

C’est le moment idéal pour s’installer en terrasse, sur une placette, avec un thé à la menthe brûlant. Le serveur te reconnaît déjà. Tu n’as plus besoin de parler. Tu observes. Un couple d’Italiens qui s’émerveille, un vieux marocain qui regarde le vide en silence, une touriste qui griffonne dans un carnet.

Chefchaouen n’a rien d’extravagant. Et c’est sa force. Elle invite au calme, au ralentissement. Elle ne t’impose rien, elle t’accueille. Tout simplement.


Une ville qui reste en toi

Tu repartiras peut-être avec des photos spectaculaires, c’est vrai. Mais ce que tu garderas surtout, ce sont les sensations : le froid du carrelage sous tes pieds le matin, l’odeur du pain au four, le son lointain d’un tambourin dans la rue. Et ce sentiment étrange, en fermant la porte de ton riad, que tu laisses derrière toi un petit morceau de paix.

Chefchaouen, c’est beau, oui. Mais surtout, c’est doux. Et dans un monde qui va trop vite, cette douceur, elle reste longtemps après que tu sois rentré.

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